Vendredi 27 juin 2008

LOoooo!!!!

Eh bien, plus les chapitres défilent dans me tête plus je me rends comte que nous arrivons bientôt à la fin de cette histoire. Ca me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà mais j'avoue que je les aime tellement mes perso que j'ai du mal à les quitter. ^^" D'où peut-être le ralentissement perceptible de la publication des chapitres de cette histoire...
Bref, je me suis raisonné en essayant de me convaincre que toutes les bonnes choses ont une fin et surtout me suis décidée à vous poster les derniers chapitres de cette fic!
Bonne lecture...


 


Jeremy

Lorsque je me réveille, je me rends compte que la place à côté de moi est déjà vide alors qu’il est à peine 7h. Après un léger bâillement et quelques étirements, je me lève à mon tour et me dirige vers la cuisine où je découvre un Tristan lisant le journal autour d’un café et d’un croissant. Je me sens tout de suite désagréablement rougir lorsque qu’il me jette un coup d’œil  après le fiasco de la nuit dernière. Mal à l’aise, je fuis son regard en  me dirigeant derrière son dos pour prendre à mon tour du café, lorsqu’il brise le silence :

 

- Tu sors aujourd’hui ?

- Oui, c’est cet après-midi qu’on commence à déménager les tableaux à la galerie d’art pour l’expo.

- Ah oui l’expo… Tu seras là donc ce midi ? J’ai un ami qui doit déposer un papier important à la maison mais je serais en rendez-vous, je ne pourrais pas être ici. Tu le récupéreras pour moi.

 

Après ce bref échange, il quitte la table et va se préparer, me laissant comme d’habitude le soin de tout nettoyer. Dix minutes plus tard, alors que je suis encore en pleine vaisselle, il ressort tout frais, habillé d’un jean qui met en valeur ses fesses musclées et d’un col roulé blanc. Il est magnifique mais à voir sa façon de se comporter il ne le sait que trop bien. Il me salue d’un bref « à ce soir » et quitte l’appartement. Laissé à moi-même et l’ennui aidant, je me retrouve à faire le grand ménage, de la poussière à l’aspirateur en passant par la serpillère, à tel point que tout est nickel chrome sauf moi lorsque « le messager » arrive. Après m’être rapidement essuyé le front je vais ouvrir la porte et choqué, je manque de la refermer aussi sec quand je découvre qui se tient devant moi. Mick- Ael, LE Mick-Ael est là, devant mes yeux, abordant un sourire poli et un regard interrogateur.

 

- Salut, Triss’ n’habite plus ici ?

- Heu…si…heu…Triss’…heu…c’est moi qui doit récupérer le colis… ? Je….je suis un grand fan,

- Oh ?! T’en fais pas, je fais cet effet là à pas mal de gens ! me répond t-il en plaisantant à moitié de ma tirade maladroite.

Tu dois être le fameux Jeremy ? Je t’ai vu à la télé !

- Oui…si je sortais d’un commissariat, il y a des chances que ce soit moi, répondis-je à mon tour en m’essayant aussi à l’humour.

Heu…tu veux rentrer ? continuai-je en me rendant compte que je l’avais laissé sur le paillasson.

- Non c’est bon t’inquiètes, par contre toi ça te tente de sortir ?

- Moi ?!

- Je ne vois personne d’autre ici ! C’est juste que j’ai l’impression qu’on se retrouve tous les deux seuls ce midi et j’aime pas trop manger en solitaire…

- O-ok ! Heu….je me prépare et je reviens ?

 

Maudissant ma timidité maladive, je le fais entrer dans le salon et me dépêche de m’habiller. Pour avoir feuilleté quelques magazines people dans lesquels il occupe souvent une bonne place, je sais que mon invité aime sortir en bonne compagnie : mannequins, top model, chanteurs charismatiques ou tout simplement bombes sexuelles…pas des personnes contre qui je peux rivaliser. Je cherche néanmoins sans conviction des habits pour faire le moins possible tâche lorsque j’avise une salopette noire made in Matt. Plutôt qu’une salopette, il s’agit en réalité d’un jean assez large surmonté de deux bretelles amovibles cousues sur un marcel rose pale. C’est bizarre et à mon sens très stéréotypé « gay ».

Cinq minutes plus tard j’en suis encore à me dévisager sous toutes les coutures dans le grand miroir à pied de la chambre lorsque mon invité, qui en avait visiblement marre d’attendre, s’invite dans la pièce. Et m’accueille avec un sifflement admiratif et un regard appréciateur.

 

- Ya pas à dire, Triss’ a toujours aussi bon goût !

- Merci…

- Bon on y va ? J’ai réservé au Monaco pour 13h !

- 13h ?! Mais il est 12h50 !

- Heinhein, si on se dépêche on n’aura qu’un quart d’heure de retard ! lance t-il avec un adorable sourire de gamin.

 

Souriant à mon tour, je décide d’arrêter de me prendre la tête et me laisse entrainer de bonne grâce dans une décapotable noire qui a l’air de sortir tout droit d’un film de science fiction.  Et malheureusement, je constate rapidement qu’il n’ya pas que la voiture qui a l’air  de sortir d’un mauvais film d’action mais également son conducteur qui ne se gêne pas pour  griller toutes les priorités. Le seul point positif à cette façon de rouler en fou est que nous n’avons finalement en effet qu’un quart d’heure de retard, ce qui semble habituel ici. Le directeur du restaurant vient nous accueillir en personne et nous place à la meilleure table du restaurant. Visiblement Mick-Ael est un habitué des lieux en plus d’être un client apprécié et je ne tarde pas à savoir pourquoi : il ne regarde jamais à la dépense. Les meilleures entrées, les meilleurs apéros, les meilleurs plats, les meilleurs desserts, les meilleurs vins… Tout y passe, à tel point que je finis par m’inquiéter de savoir comment je vais payer ma part. A cette allure là, toutes mes maigres économies vont y passer ! Rien qu’après l’apéro, j’en ai déjà pour vingt euros, ok, un apéro au champagne, mais quand même ! Cependant, en faisant abstraction de ce petit stress, tout se passe à merveille.

 

Mick-Ael est la personnalité en vogue du moment et durant tout notre intermède, il fait honneur à sa réputation. Il a tout pour lui, le talent, l’argent et le succès aussi bien sur le plan professionnel que privé. Pour ne rien gâcher il dégage une beauté tranquille et féline qui fait un ravage aussi bien chez les femmes que chez les hommes qu’il avait avoué préférer quelques mois auparavant : blond, les cheveux ondulés cascadant gracieusement sur ses épaules, les yeux caramel, une bouche pulpeuse, le tout encadré par un visage fin sans être féminin. Impossible d’être insensible à ce mélange surtout que sa conversation est tout sauf ennuyeuse. Ce qui est normal avec la vie qu’il a. Je bois tellement ses paroles que j’en oublie presque de manger, ce qui est dommage vu le prix des différents mets.

Nous en sommes plus au moins au dessert lorsque mon portable sonne, attirant les regards mécontents des quelques rares clients qui restent.

 

- Allo ? je chuchote le plus discrètement possible.

- Jeremy ? Où es-tu bordel ! Ca fait une demi-heure que tu aurais du être à la galerie et les ouvriers viennent de m’apprendre que ça fait plus d’une heure qu’ils poireautent devant chez Matt !

- Désolé…je-j’étais…

- Rien à foutre ! Si t’es pas là dans une demi-heure, je te jure que tu peux dire adieu à ton contrat !

 

Complètement éberlué, je raccroche sous les yeux d’un Mick-Ael curieux.

 

- Je dois y aller…je suis complètement à la bourre ! Heu…pour le repas…

- Ne t’inquiètes pas, c’est pour moi ! répliqua mon vis-à-vis d’un ton désinvolte. C’était Triss’ pas vrai ? J’ai reconnu son caractère de cochon !

- Oui….il n’est pas très content de mon retard…

- Ecoute, je n’ai rien à faire cet après-midi, si tu veux je peux te servir de chauffeur ?

- Je ne voudrais pas m’imposer…

- Mais non mais non ! C’est un peu de ma faute aussi, c’est moi qui t’ai retenu ! Allez, on file sinon l’autre va nous faire un caca nerveux !

 

Trop anxieux pour rire de la plaisanterie, je me contente d’un sourire crispé avant de m’engouffrer dans la voiture de luxe et de tenter de joindre Matt qui, à ma grande chance, est en vue de la maison.

 

- Matt ! je m’écris totalement paniqué, il faut absolument que tu me rendes service !

- Hola mon tout beau, qu’est ce qui t’arrives !

- Tu vois les déménageurs en bas de la rue ?

- Tu veux dire les mecs montés comme des camions ?

- Ouais, eux ! Va leur parler, ce sont les déménageurs de mes tableaux d’exposition.

- Avec grand plaisir mon chou ! Ca tombe bien, j’avais envie d’un casse-croute !

- Maaaaaattttt !!!!!

- Pas de panique mon grand, je m’occupe de tout, fais moi confiance ! On se retrouve à la galerie.

- A tout de suite.

 

Légèrement rasséréné, je me permets de me détendre un peu bien que la conduite de celui qui tient le volant est toujours aussi effrayante. Cependant je sais en voyant le visage de mon employeur que cette accalmie est de courte durée.

par pishou publié dans : Juste ton destin (en pause)
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Mercredi 18 juin 2008

LOooooo!!!

Mon petit doigt me dit que ce n'était pas forcément ce chapitre que vous attendiez mais tanpis...je trouverais bien une ou deux personnes parmis vous qui seront ravies d'avoir la suite de cette histoire....non? Au moins trois personnes alors: Edwidge, Joy et Sefcro que je bise très fort de nous soutenir, moi et cette histoire ^^.
Sinon, toujours la même chose...bonne lecture!!!



Dimanche 3 octobre

 

 

Il était 13h lorsque le docteur Necker arriva à l’adresse indiquée, et si le quartier ne lui avait laissé aucunes illusions sur les conditions de vie de cette population, l’immeuble finit de le fixer durement à la réalité. Taudis était le mot le plus approprié pour désigner cet édifice qui tombait en ruines. Les portes du hall avaient été démontées et sans doute revendues et l’ascenseur ressemblait plus à un repère de toxico qu’autre chose avec ses seringues négligemment abandonnées . Le médecin se résolut non sans crainte à gravir les escaliers et dût se retenir par deux fois de rendre son déjeuner tellement le mélange d’odeurs d’urine, de crachats et sans doute aussi de besoins animaux lui était insupportable. Face à cette épreuve, il ne put s’empêcher de remercier mentalement son patient d’habiter au premier étage.

Enfin arrivé, il toqua à la porte et une jeune fille vint lui ouvrir, visiblement aussi surprise que lui.

 

- Vous désirez? Demanda-t-elle d’un air méfiant.

- Je suis un ami de Roméo…

- Vous êtes pas mon ami ! cria une voix faible mais dont on percevait parfaitement l’irritation.

- Oh! Eh bien entrez! S’empressa de dire la jeune fille avec un sourire qui se voulait cordial.

- Merci bien.

 

L’homme entra donc et si ce qu’il vit était loin d’être un exemple de propreté à cause de ces boites de conserves vides qui se bataillaient la place au sol avec des assiettes et des couverts sales et ces tâches en tout genre sur la moquette, il devait avouer qu’il s’était attendu à pire. Un bon coup de nettoyage et…

 

- Ne me dîtes pas que vous êtes déjà en train d’imaginer passer un coup de Monsieur Propre chez nous! Se moqua le jeune homme.

- Eh bien si! Avoua le médecin en rigolant d’être pris sur le fait. Avec un petit coup de peinture je suis sûr que…

- Eh bien doc? Aurais-je enfin réussit à vous clouer le bec? Continua Roméo en gardant son air moqueur.

- Qu’est-il arrivé à ton visage? Demanda ce dernier en avisant le visage déformé d’hématomes de son jeune interlocuteur.

- Je suis tombé de l’escalier.

- Ne te moque pas de moi.

- Très bien…dans ce cas… différence de points de vue, ça vous ça?

- Non ça ne va pas du tout! S’emporta le nouveau venu. Et je suis sûr que ton corps ne doit pas être dans un état reluisant non plus! Et comment va le bébé?

- Il va mieux, beaucoup mieux je vous remercie, s’empressa de répondre la jeune fille. Il prend bien ses médicaments et n’a presque plus de fièvre.

- Vous m’en voyez ravi, même si votre diagnostic me semble excessivement positif. Puis je l’examiner?

- Oui, oui suivez moi!

- Je viendrai m’occuper de toi après, annonça le docteur au jeune homme avant de suivre la colocataire.

 

Une fois seule avec le médecin, Lily eut tout le loisir de l’observer. C’était un très bel homme, châtain, des yeux entre le marron et le verre rehaussés de petites lunettes carrées qui lui donnait un air sérieux tout à fait charmant . Pour ne rien gâcher, il avait un corps tout à fait respectable à ce que la jeune fille pouvait en voir au travers des vêtements. Il avait également des mains magnifiques, fines et longues, des mains d’artistes qui devaient parfaitement savoir manipuler ses patients, songea-t-elle encore. Qu’elle aurait aimé se retrouver entres des mains pareilles plutôt qu’entres celles rugueuses et brutales de Marco…

Mais chassant là ces idées noires, elle demanda son avis au médecin sur la santé de Théo qui la félicita en lui confirmant que le bébé guérissait bien et vite. Lily sentit son cœur se réchauffer, plus personne ne l’a félicitait depuis trop longtemps. Rougissant comme la jeune fille qu’elle n’était pas, elle réintroduit le médecin dans la pièce commune où Roméo se redressa dès qu’il les vis revenir. Et se renfrogna aussitôt qu’il vit que tous avaient compris son manège.

 

- Bon, à nous deux! S’exclama le médecin d’un ton gai

- Y a que vous que ça amuse, grommela le jeune homme. Je vous préviens, un geste de travers et…

- Tu me casses la gueule, oui,oui , c’est vrai que tu es tout à fait en état! Ironisa l’homme en commençant à ausculter son patient.

Bon tu as de la chance, tu n’as rien de cassé, conclut-il au bout d’une dizaine de minutes de « aie! » « mais faites attention! » et autres « bas les pattes ». Juste une grosse entorse à la cheville gauche  et au poignet droit et… la moitié de tes doigts foulés, une dent cassée et l’épaule déboîtée que j’ai remis en place. Je vais te prescrire un anti douleur pour tout ça et une crème pour tes hématomes ; et puis une attelle pour ta cheville pour que tu puisses te déplacer un minimum.

- Ouais…ok.

- Est-ce que tu veux un arrêté de travail?

- Un quoi?

- Un arrêté de travail, ce sont des sortes de RTT que tu peux prendre lorsque tu es malade. Ou bien un certificat médical pour l’école peut-être?

- J’ai pas besoin de tout ça. Par contre, si vos pouviez me garantir que ma place ne sera pas prise quand je reviendrai, ça me serait plus utile.

- Ta place? Demanda le médecin en craignant le pire.

- Ouais, ma place parce que maintenant on a tous des places attitrées pour mendier, comme les putes. Moi j’ai réussi à me caler sur le supermarché du centre co’. Là-bas je suis sûr au moins que les gens ont assez pitié pour te refiler les centimes de leur course ou un petit truc à bouffer. Mais si j’y vais pas de toute la semaine, c’est sûr que je l’a reverrai jamais ma place. Qui va à la chasse…vous connaissez la suite.

- Bon…et combien gagnes tu par jour?

- Eh bien, En semaine je gagne entre 5 et 10 euros, pas assez, mais les week-ends ça peut aller jusqu’à 20 euros par jour parce qu’il y a beaucoup plus de monde. Et les jours de fête, c’est le pactole! Les gens lâchent beaucoup plus de fric parce qu’ils ont encore plus pitié des gens comme nous qui n’avons pas le fric pour passer du bon temps.

- Ce n’est pas assez pour faire vivre trois personnes, remarqua le docteur.

- On a la piaule gratuite grâce au gars de Lily, c’est déjà ça, répondit l’interrogé d’un air détaché, et Lily arrondit les fins de mois en tapinant à droite et à gauche. Même si j’essaie de m’arranger pour qu’elle n’ait pas à le faire, elle le fait derrière mon dos, pour le bébé qu’elle me dit. De toute façon Marco ne permettrait pas qu’elle travaille, pour lui les femmes, ça sert à faire des enfants, le ménage, la cuisine et à être à la disposition de son homme.

- Et toi?

- Moi? Les patrons me fuient dès qu’ils savent d’où je viens où m’exploitent au black. Le problème c’est que même les véreux refusent d’avoir affaire à moi maintenant parce que je suis pas assez « docile ».

- Docile?

- Bah ouais. Vous tomberez de votre gros nuage si vous connaissiez le nombre de pervers qui court les rues aujourd’hui, se moqua le plus jeune devant la naïveté de son interlocuteur. Et les plus vicieux ne sont pas forcément ceux que l’on pense.

- Donc si je résume ta pensée, tout le monde est pourri jusqu’à la moelle et on ne peut faire confiance à personne? Demanda le docteur septique.

- Non, je dirais plutôt que c’est chacun sa gueule et Dieu pour tous ou si comme moi, vous ne croyez pas à tout ce charabia, c’est chacun sa gueule et les autres peuvent bien crever!

- Je crois que j’en ai assez entendu pour aujourd’hui, déclara le soigneur en refermant sa mallette.  Je reviendrais la semaine prochaine pour m’assurer que Théo soit complètement guéri.

- Ouais, faîtes donc ça.

par pishou publié dans : Prends ma main
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Jeudi 5 juin 2008
LOOOooo!!!!!

Oui, je sais, ça fait longtemps...presque un mois, mais cette fois -ci, ce n'est pas faute d'avoir essayé! lool
Eh oui, comme le savent sans doute certains, overblog a légèrement planté ces dernières semaines avec une impossibilité d'accéder à l'admnistration du blog....u_u
 Pour me faire pardonner de cette longue absence (même si ce n'est pas de ma faute lol), deux nouveaux chapitres dont un de Toi (oui....ça fait un bail!!!) que je poste malgré les partiels!
Je vous souhaite une bonne lecture en espérant que ceux qui ont déserté le blog reviendront! ( Pas de raison que ce soit à sens unique ) lol.

ciao ciao!!!!
par pishou
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Jeudi 5 juin 2008

La mine contrarié Dan releva la tête du dossier qu’il étudiait depuis une vingtaine de minutes sans arriver à se concentrer. Ce n’était qu’une analyse préliminaire mais elle avait son importance car elle déterminerait l’avenir du projet qu’il avait entre les mains. Depuis qu’il avait quitté les bancs de l’école, il travaillait pour un grand groupe financier. Son rôle et celui de son équipe était d’analyser les demandes de subventionnement d’entreprise de particuliers et d’accorder en conséquence ou non un soutien financier mais également professionnel. Ils recevaient prêt d’une cinquantaine de dossier par mois dont il été co-chargé d’éliminer les plus invraisemblables en tant que directeur adjoint du bureau. Les projets ayant passé les deux premiers maillons étaient ensuite dispatchés à l’équipe qui travaillaient par binôme puis discutés en réunions. L’entreprise ayant décidé de ne subventionner que deux projets par semestre à titre d’essai, la sélection était rude et les déceptions grandes mais en contrepartie les subventionnés étaient assurés de leur réussite. Ce n’était donc pas une mince affaire que d’être co-directeur de ce vaste projet et s’il adorait son travail - et accessoirement le salaire qui allait avec – il devait tous les jours gérer la pression qui pesait constamment sur ses épaules. Et la vie privée qu’il avait en ce moment ne l’y aidait pas vraiment.

 

Déjà, il y avait Alice. Elle n’avait donné aucun signe de vie depuis la rupture et ne répondait jamais au téléphone lorsque son amant tentait d’avoir des nouvelles de leur fils. Dan n’était pas naïf, il savait qu’elle préparait quelque chose, et il l’attendait avec un mélange de crainte et d’impatience. Puis il y avait Thomas, depuis presque deux mois qu’ils étaient ensemble, ils n’étaient toujours pas passés à l’acte et ce blocage commençait vraiment à le frustrer. A tel point qu’il avait même demandé conseil à un de ses amis qui s’était spécialisé dans les relations conjugales et qui lui avait pratiquement offert de force une consultation. Ils avaient donc rendez-vous aujourd’hui en fin d’après-midi à la grande gêne de son beau brun qui ne se voyait pas parler de son intimité à un inconnu.

Soupirant une nouvelle fois, Dan décida de refermer définitivement le dossier, du moins pour la journée, et prit congé. Il n’arriverait à rien aujourd’hui, autant rejoindre tout de suite son copain qui devait se ronger les sangs. Et il ne s’y trompa pas. Lorsqu’il arriva à son appart’, ce dernier était en train de lire assidument un manuel intitulé « Ma première fois chez un psy » dégoté il ne savait où.

 

- Qu’est ce que tu fous ? demanda t-il en retenant difficilement son amusement.

- Ca ne se voit pas ? Je me prépare.

- En apprenant des phrases toutes faites ou les questions « pièges » ?

- C’est ça, moques toi de moi, répondit Thomas d’un ton bougon.

- Je ne me moque pas de toi…ok ok, un peu quand même, mais je t’assure que tu n’as rien à craindre. Charles est un ami, quelqu’un en qui j’ai totalement confiance et surtout un véritable professionnel. Il n’est pas là pour nous juger mais pour nous aider, ok ?

- On peut très bien se débrouiller tout seul…

- Non Tominichou, on ne peut plus, soupira Dan en forçant son amant à lâcher le livre et à le regarder. On ne peut pas nier qu’il y a un malaise entre nous et je préfère l’étouffer dans l’œuf plutôt qu’attendre qu’il ne grandisse et pourrisse notre relation.

 

Sans rien dire, Thomas se laissa bercer par son compagnon, se réfugiant dans l’étreinte rassurante de ses bras. Ils étaient tellement bien là, ensemble, pourquoi le destin s’acharnait-il à leur mettre des bâtons dans les roues ?

 

Une heure plus tard ils se retrouvèrent devant le docteur Shenver, psychanalyste spécialisé dans les relations familiales et les relations conjugales. Mal à l’aise, Thomas n’arrêtait pas de gigoter sur le sofa rouge dans lequel on les avait installés tandis que son homme rigolait avec son ami de choses et d’autres. L’homme devait avoir environ leur âge à les écouter se souvenir des années de fac. Physiquement il était plutôt quelconque, brun, un visage rond, un sourire généreux et des yeux respirant l’intelligence, bref le look du docteur Shenver collait parfaitement à son métier.

 

- Alors, si nous commencions ? Pourquoi êtes-vous là ? Thomas ?

- Dan me l’a demandé. C’est une faveur que je lui fais.

- Très bien. Et avez-vous une idée de la raison pour laquelle il voulait que vous veniez ?

- Nous aurions quelques problèmes relationnels.

- De quel ordre ?

- De l’ordre qui ne vous regarde pas.

- Thomas ! s’impatienta Dan excédé par le comportement de son ami.

- C’est bon, aucun problème, répondit le psy avec un sourire apaisant. Sachez jeune homme que je n’ai pas pour habitude de forcer les gens à venir me consulter donc si vous vous sentez contraints ici, personne ne vous retiens. Vous connaissez la sortie.

- ….

- Bien ! Nous allons donc pouvoir nous y mettre sérieusement ! conclut-il d’un air ravi en voyant que sa dernière réplique avait fait mouche. Thomas ?

- Et si vous interrogiez Dan pour changer ?

- Dan m’en a déjà tenu deux mots, je veux vous l’entendre dire à votre tour. Dans une thérapie de couple, il est très important de voir si les deux partis ont les mêmes attentes. Je comprends vos réticences, se confier est toujours un exercice de haut vol hautement compliqué, mettre à nu son âme, ses émotions, c’est accepter la possibilité de se montrer faible et les hommes par définition détestent paraitre faible. Qu’est ce que je peux vous dire pour vous rassurer ? Je ne suis pas un voyeur et je suis là pour vous mais pas pour moi mais ça vous le savez déjà.

-‘vonsblèmesel

- Pardon ?

- Au niveau des relations sexuelles….

- Oui ?

- Nous n’en n’avons pas.

- C’est un problème ?

- Nous sommes un couple, se serait anormal de trouver ça normal.

- Avez-vous une explication ?

- C’est pas à vous de nous le dire ?

- C’est vrai, sourit le médecin en reposant son calepin. Dans de nombreux couples, l’absence de vie sexuelle est liée à l’évolution du couple dans le temps. Les soucis de tous les jours, les enfants, le travail, l’argent, beaucoup de choses qui font que lorsque l’on rentre chez toi, on a plus l’envie d’entretenir la flamme du désir.

- Très poétique… ironisa Thomas.

- N’est ce pas ? Mais ce n’est pas ce qui nous préoccupe ici. J’ai cru comprendre que votre couple était relativement récent ?

- Deux mois, répondit Dan.

- Deux mois parfaits, rajouta le brun.

- J’ai cru comprendre que Thomas avait une femme et un enfant ? Depuis quand êtes vous séparés ?

- Presque trois mois.

- Ah…les relations avec votre ex sont…

- Exécrables.

- Evidemment. Ils sont au courant pour… ?

- Non.

- Depuis quand savez vous que vous avez des attirances homosexuelles ?

- Je ne sais pas vraiment…lorsque je me suis rendu compte que j’étais jaloux des hommes de Dan.

- Il y a quelques mois également donc. De quoi étiez-vous jaloux ?

- Je ne sais pas moi, de pleins de trucs ! s’impatienta Thomas qui avait de plus en plus la désagréable impression de passer sur le grill. 

- Est-ce que vous étiez jaloux d’imaginer Dan avec d’autres hommes au lit ?

- Je ne sais pas…le voir tripoter des types devant moi m’agaçait mais j’ai jamais vraiment fantasmé sur lui si ce que vous voulez dire, rougit le brun qui commençait vraiment à se sentir mal à l’aise.

- Vous ne le désiriez pas ?

- Ce n’est pas exactement ça.

- Le désir, le sexe dans un couple, c’est ce qui différencie deux amants de deux amis…

- Je crois que la séance est terminée, coupa soudainement Dan d’un ton sec, faisant sursauter les deux autres hommes présents dans la pièce.

- Bien ! Je vous donne un rendez-vous la semaine prochaine à la même heure, et si vous ne souhaitez pas continuer l’expérience vous n’aurez qu’un coup de fil à passez. Bien entendu, je vous conseille de revenir, nous avons déjà bien avancé pour une première séance, se serait dommage de s’arrêter en si bon chemin.

 

Après un bref salut de Thomas et une chaleureuse accolade entre Dan et le psy, les deux hommes sortirent du cabinet en silence. L’ambiance était à couper au couteau et les deux n’avaient qu’une pensée en ce moment : ils n’étaient pas prêt de revenir.

par pishou publié dans : Jusqu'à te prendre, jusqu'à te perdre
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Jeudi 5 juin 2008

Tristan

 

Je me suis toujours défini comme quelqu’un de diplomate. Je préfère de beaucoup les discutions constructives et intelligentes aux gueulantes et autres  crises d’hystérie, et je pense sincèrement que ce flegme que je garde en toute circonstance a largement servit ma carrière et ma réputation. Je ne pète donc jamais les plombs, du moins tant qu’on ne me prend pas pour un con. De toute façon personne n’a jamais osé. Jusqu’à aujourd’hui. Cette espèce de petit ingrat. Et encore je reste correct. Je lance sa carrière et lui évite de finir SDF, je l’accueille chez moi, je le nourris et le loge gratuitement et tout ce qu’il trouve à faire…c’est de m’humilier publiquement !

Je ne lui demandais pourtant pas grand-chose, me suivre à la soirée et sourire gentiment pour valoriser mon image. Mais non, au lieu d’obéir, cet imbécile ne trouve rien de mieux à faire que de me planter sur place ! J’estime donc avoir le droit d’être sur les nerfs. Pour ne rien arranger, le taxi que j’ai le malheur de prendre semble être un clandestin qui vient de débarquer dans la capitale. Il roule encore plus mal que les autres chauffards que nous croisons sur la route, ce qui est un exploit, et il me demande toutes les deux minutes dans un mauvais français où il doit tourner. Je suis maudit. Résultat des courses, j’arrive chez moi près de deux heures plus tard alors que la soirée s’est déroulé à trente kilomètres tout au plus et que le compteur de cet imbécile a explosé. Furieux, je lui balance la course à la figure tandis qu’il tente de me refourguer une carte de visite froissée. Y a pas à dire, c’est ma soirée.


Lorsque j’entre dans l’appart, tout est silencieux. Trop silencieux. Un mauvais pressentiment me saisit et sans plus réfléchir je me rue dans la chambre et ouvre la porte dans un boucan d’enfer. Mais non, il est toujours là et le bruit que je viens de faire ne l’a même pas réveillé.  Maintenant furieux contre moi-même pour une raison que je ne préfère pas approfondir, je continue mon manège et fait claquer sans ménagement tiroirs et placards. Pour toute réponse, j’ai droit à un vague regard agacé avant que mon colocataire ne me tourne le dos et continue sa nuit comme si de rien n’était. Ce qui a le don de m’énerver encore plus et me fait opter pour une autre stratégie. Avec un sourire en coin d’anticipation je me dessape et me glisse à mon tour dans le lit, me collant tout contre le dos de ce jeune artiste. La réaction ne se fait pas attendre et à peine une macro seconde plus tard, il tente de se dégager, sans doute rouge de gêne de me sentir réagir suite à ses gesticulations. Il n’ose pourtant pas dire un mot, encore moins lorsque je l’immobilise en dessous de moi, un sourire explicite aux lèvres. Y a pas à dire, même le visage à moitié froissé par le sommeil il est bandant…Excité  par son état de soumission, je lui bloque les deux poignets d’une main tandis que l’autre part vagabonder sur son corps. Son corps s’arque tandis que ma langue vagabonde autour de son nombril, pas décidée à descendre plus bas. Ce soir, j’ai envie de jouer pour me venger un peu et le sentir se crisper de frustration est déjà une grande jouissance. Au bout d’un moment il craque et échange nos positions, se retrouvant en position de dominant. Une lueur d’incertitude traverse son regard et je peux lire en lui comme dans un livre ouvert : il se sent con et mon regard moqueur y est peut-être pour quelque chose. Après un léger moment de flottement où je finis par le prendre en pitié, j’inverse à nouveau nos positions et décide d’accélérer les choses parce qu’avec ses hésitations, il est capable de refaire tomber mon excitation. Voulant donner une nouvelle impulsion à notre acte, je m’empare de ses lèvres sauvagement tandis que mes mains forcent ses jambes à s’écarter. Son attitude docile, conciliante, presque passive, me donne de plus en plus l’impression de baiser mon ex femme, ce qui est assez perturbant. Et ce qui devait arriver arriva... Mon érection qui était légèrement retombée refuse de reprendre du service. La situation est tellement cocasse que j’arrive même à rire en m’écartant sur le côté. Jeremy lui est passé du rouge soutenu au rouge écarlate et ne sait visiblement pas quoi faire, surtout que son sexe à lui est bien au garde à vous. C’est en voyant que je m’allume finalement une clope qu’il se décide à se lever et à se diriger vers la salle de bain. Y a des nuits comme ça…

par pishou publié dans : Juste ton destin (en pause)
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Dimanche 11 mai 2008

Bonsoiiiiir!!!!

Waouh, deux sorties en une semaine, je commence vraiment à devenir malade! lol
Non je rigole, c'est juste un bonus pour ceux qui s'en fichent de ma nouvelle histoire et qui attendent juste la suite de JTP...u_u
Alors, voilà pour vous un chapitre assez spécial, un peu en marge mais j'avais vraiment envie de le faire et l'inspiration est venue tout de suite.
Pour j'aimerai souhaiter la bienvenue aux nouvelles lectrices qui se sont manifester parce qu'elles le valent bien! ( lool ok j'arrête).
Bonne lecture et n'hésitez pas à me donner votre avis, surtout sur ce chapitre, car je ne compte pas m'arréter là!!!


L’œil critique, Eve fixait ses photographies d’un air mécontent avant de tout bazarder d’un geste rageur. Le souffle court, il s’affala dans le fauteuil new design neuf qui trônait au milieu de son salon avant d’appeler des amis pour connaitre leur projet de la soirée. Il avait besoin de se changer les idées. Encore. Il ne faisait plus que ça depuis qu’il était à nouveau célibataire, s’enivrer, pour se prouver qu’il allait bien, pour oublier qu’il avait encore mal. Les jours les plus critiques il se rappelait trop bien que c’était lui qui avait décidé de mettre un terme à leur relation, par peur de souffrir, et au final il souffrait quand même aujourd’hui. Quelle ironie. Ces nuits là il sortait, buvait trop, baisait mal et rentrait chez lui à l’aube comme un zombie avant de se réfugier toute la journée au lit. Les journaux à scandales en avaient rapidement fait une cible de premier choix et il passait rarement un mois sans qu’il ne fasse pas au moins la une d’un magazine choc. Il était vraiment  tombé bas. Heureusement sa carrière lui souriait toujours autant, les vrais pros ne lui tenait pas rigueur de ses frasques du moment qu’il faisait du bon boulot et les fans, toujours aussi nombreux, adorait l’image de l’artiste paumé qu’il renvoyait. Personne ne répondant à ses multiples appels, il décida de sortir quand même. Pour plus de tranquillité, il enfila des lunettes de soleil noires et une casquette sur la tête. Comme les volets de chez lui étaient la plupart du temps baissés, il fut surpris de voir que le soleil tapait haut et fort et qu’on n’était encore en plein milieu de l’après-midi. Il hésita entre retourner chez lui et faire un tour dans le jardin  public d’à côté lorsqu’il avisa un bar qu’il ne connaissait pas et qui venait manifestement d’ouvrir. Curieux, il se dirigea dans sa direction et fut accueillit par une véritable tornade humaine qui courait dans tous les sens, tantôt des chaises en main, tantôt avec des bouteilles plein les bras. Dans la salle, deux gosses s’activaient à dresser plus au moins artistiquement les tables en bois lorsqu’il fut interrompu dans sa contemplation.

 

- Bonjour, une personne ?

- Heu…pardon ? demanda Eve légèrement pris de court.

- J’espère que vous êtes là pour consommer ? repris le seul adulte du bar avec un regard rieur. Depuis ce matin nous avons eu une foule de curieux mais pas un qui a osé commander un verre chez nous.

- Ah, oui, oui, bien sûr. Heu…une personne, c’est ok ?

- Bien sûr ! Vous serez notre premier cobaye ! plaisanta l’homme en dirigeant son client.

Désolé pour le bordel, c’est un peu la panique ici, rien ne se passe comme prévu !

- Les débuts sont toujours un peu laborieux,  répliqua  Eve sans vraiment réfléchir.

 

Un silence suivit cette annonce alors qu’Eve se traitait de tous les noms devant son manque de tact mais le propriétaire éclata de rire, bon joueur, avant de le laisser aux bons soins d’un petit bout de femme qui s’avança vers lui tout sourire.

 

- Qu’est che que ça chera ?

- Heu…

- La maison ne propose que des cocktails de fruits frais ! prévint la fillette avec sérieux en brandissant un calepin Winnie l’ourson.

- D’accord. Alors je vais prendre un cocktail maison ?

- Ok. Papaaaaaa, un cocktail maisoooooon !

Eve qui s’était discrètement bouché l’oreille à l’entente du cri strident ne put s’empêcher de se demander qu’est ce qu’il faisait là lorsque l’autre gosse lui apporta sa boisson, en renversant généreusement un peu partout sur son chemin.

 

- Ne vous en faites pas, c’est cadeau, sourit l’adulte en nettoyant d’un geste habile la table. Vous voulez que je vous tienne compagnie ?

- Heu…

- Ne vous en faites pas, ça ne me dérange pas.

 

Eve commença donc à siroter sa boisson ou du moins ce qu’il en restait en écoutant distraitement le gérant bavasser. Il s’appelait Christopher, venait d’arriver dans la région avec ses deux enfants et avec quelques économies avait racheté ce bar comptant pour suivre sa passion. Physiquement il était plutôt banal, un trentenaire comme on en voyait beaucoup d’autres avec un visage carré, des yeux noisettes et de légères rides d’expression autour des yeux. Baisable, pensa t-il d’un air absent, mais un peu trop bavard peut-être.

Vers 19h, des clients commencèrent à arriver en nombre, tous sans exception semblant jeter des coups d’œil intéressés à la nouvelle décoration du bar. En tant qu’artiste Eve accordait beaucoup d’importance à ce genre de détails et était en général très critique sur les endroits où il passait ses soirées qui transpiraient selon lui le toc. Ici, tout avait été étudié pour rendre l’endroit le plus intimiste possible dans une alliance subtile des couleurs chocolat et framboise. L’espace, bien que de taille moyenne avait intelligemment été emménagé en deux parties, une salle baptisée « pomme d’amour » se destinait principalement aux couples tandis que la partie bar visait essentiellement à accueillir les groupes d’amis. Dans chaque pièce, un nombre restreint de tables avait été décidé pour conforter l’ambiance intimiste et ainsi éviter l’effet self. Oui Eve devait l’admettre, on ne pouvait que se sentir à l’aise ici. Même le proprio qui courait dans tous les sens d’un air dépassé participait à rendre le lieu convivial. Une demi-heure plus tard il décida de quitter les lieux, il devait reprendre le travail s’il voulait être prêt à temps pour sa prochaine exposition photo et il commençait à se sentir comme un intrus dans la salle « pomme d’amour ». Il glissa un généreux billet de 20 sous la tasse et se dirigea vers la sortie, répondant avec amusement aux « a bientôt » bruyant des jeunes bambins. Il se sentait mieux.

 

par pishou publié dans : Jusqu'à te prendre, jusqu'à te perdre
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Jeudi 8 mai 2008

LOooo!!!!
Suite aux votes, j'ai le regret de vous annoncer qu'aucune histoire n'est sortie victorieuse mais avec une égalité parfaite de voix u_u ( Pourquoi ce genre de choses n'arrive qu'à moi ? T_T).
Face à ce choix cornélien, j'ai décidé de me déssaisir de mon rôle d'arbitre impartial et plutôt que de vous faire attendre qu'une autre personne vote et tranche, ce qui risque de prendre du temps, j'ai voté moi aussi....NA!
Désolée pour ceux qui avaient votés pour Le mal de mer mais j'espère que vous apprécierez quand même Prends ma main^^
Trève de blabla , j'ai déjà un jour de retard sur la publication de l'article alors sans plus de transition, je vous souhaite une très bonne lecture!!!
Bisoo



Vendredi 1er octobre

 

Roméo se réveilla en sursaut, alerté par les cris du bébé. Inquiet, il se leva et se fraya un chemin difficile parmi les ordures en tout genre qui jonchaient  le sol et se dirigea vers l’unique chambre de l’appartement. Là il toqua doucement mais n’obtenant pas de réponse, il se décida à entrer. Ce qu’il vit lui brisa le cœur, le nourrisson, à moitié empêtré dans ses linges, gisait au sol, braillant tout ce qu’il pouvait. Il était brûlant de fièvre et n’avait sans doute pas été changé depuis pas mal de temps à en juger par l’odeur qui s’en dégageait. Et la mère qui était hors de vue! Soupirant de lassitude, le jeune homme récupéra l’enfant et tenta de le calmer, chantonnant des airs qui se voulaient réconfortants. Quelques minutes plus tard l’enfant s’était calmé mais pas la fièvre, ce qui inquiéta Roméo. Il décida donc d’agir et tant pis pour l’accord de la mère, il n’allait pas avoir un cadavre sur les bras en plus du reste! Les habillant le plus chaudement possible, il prit ses clefs, laissa un bref mot à l’adresse de la mère qui ne savait de toute façon pas lire et sortit de l’appartement, Théo dans ses bras. Une fois dehors, il hésita sur la marche à suivre.

 Il était près de 3h du matin, inutile donc de compter sur les transports en commun …soupirant une nouvelle fois, le garçon raffermit sa prise sur l’enfant et se mit à courir. Malgré le poids qui l’entravait et la fatigue visible que son corps accusait, il courrait vite et régulièrement, faisant attention à bien respirer afin d’éviter toute crampe qui les ralentirait. Ils purent ainsi d’arriver en moins de vingt minutes. Ignorant les mines dégoûtées qu’on lui adressait, le jeune homme se dirigea directement vers le secrétariat et demanda à être reçu en priorité, montrant l’état préoccupant de Théo. Une jeune femme au sourire cordial lui demanda alors de remplir une fiche auquel il ne comprit rien et d’attendre patiemment son tour. Comme s’il avait le temps d’être patient! D’accord avec lui, Théo se remis à brailler tout ce qu’il pouvait, énervant tout le monde tant et si bien qu’une demi-heure plus tard, ils furent tout deux reçu par un médecin de garde.

Une fois dans le cabinet, Roméo commença à se sentir mal à l’aise. Il détestait les hôpitaux, surtout cette odeur d’antiseptique qui embaumait chaque chambre, chaque couloir, chaque malade et qui servait à masquer celle de la mort qui rodait partout. Et il détestait déjà ce médecin, ridicule avec sa raie parfaite, son allure bon chic bon genre qu’il arrivait à faire transparaître même dans sa blouse moche d’hôpital. Ces pères la morale, ces gens qui jugeaient sans connaître!

 

- Depuis quand il est dans cet état, demanda le médecin en le regardant avec sévérité.

 

Qu’Est-ce qu’il disait! Pffff, tous les mêmes…

 

- Jsé pas, se défendit le jeune homme sur  un ton agressif. Quand je me suis réveillé, il était déjà comme ça.

- Pas étonnant! Explosa encore le médecin. Il a une otite! C’est très dangereux à cet âge là, c’est d’ailleurs étonnant qu’il ne soit pas inconscient! Quel âge a-t-il?

-…

- Vous ne savez pas quel âge il a?

- Je dirais quelques mois…

- Vous diriez quelques mois… vous savez que l’on peut vous retirer sa garde? A ce stade là, ce serait même de l’inconscience professionnelle de vous laissez repartir avec!

- Si ça peut vous rassurer, c’est pas mon gosse, c’est celui de ma colocataire, répondit l’accusé en haussant nonchalamment des épaules.

- Ah! Et où est sa mère?

- Sûrement en train de tapiner. Avec des gens comme vous.

 

La claque partit toute seule, déstabilisant aussi bien son auteur que le receveur. Les deux hommes se jaugèrent un instant du regard, l’un les poings fermés pour contenir sa rage, l’autre une main sur sa joue meurtrie. Il avait tout à coup une folle envie de faire du ragoût de médecin. Ce dernier semblait vouloir dire quelque chose lorsque la porte s’ouvrit sur une jeune femme souriante, charmante à souhait avec sa longue tignasse brune et ses yeux verts en amande. Dommage qu’elle ait

 mauvais goût, songea Roméo en la voyant dévorer des yeux le médecin.

 

- Ah Justine vous tombez bien! Pouvez vous prendre en charge ce nourrisson? Je crains qu’il ne couve une bronchite si on ne soigne pas son otite tout de suite. Il faudrait le soigner, le laver et le nourrir. Je n’ose penser de quelle façon ce gosse est nourri!

- Oh c’est bon, il crève pas la dalle non plus hein! Ne put s’empêcher d’intervenir le jeune homme. On se prive tous les jours pour lui nous! Et puis rendez le moi tout de suite après, faut qu’on soit à la maison le plus vite possible sinon la mère va me faire un caca nerveux.

 

- C’est qu’il a de la répartie le gamin? Se moqua gentiment l’infirmière en prenant doucement le bébé dans ses bras.

- Hé poupée, je suis pas un gamin! Je peux m’occuper de toi quand tu veux et…

- Je crois qu’on a compris, coupa sèchement l’urgentiste en faisant signe à la soignante qu’elle pouvait disposer.

Bon à nous deux, continua-t-il en se tournant vers le garçon. Je pense que tu as compris que les choses étant ce qu’elles sont, je ne peux pas te permettre de récupérer l’enfant comme ça.

- Je vous l’ai déjà dit, répliqua l’intéressé avec un regard menaçant, vous ne pouvez pas le garder. Si c’est pas moi, c’est quelque un d’autre qui viendra le chercher, et croyez moi, se sera pas beau à voir. Vous voulez pas d’ennuis pas vrai?

- On peut trouver un compromis, objecta le médecin nullement impressionné. Si ce bébé n’est pas régulièrement suivi, au moins pendant son traitement, je doute qu’il ne survive bien longtemps.

- Elle en fera d’autres, coupa Roméo en retrouvant son attitude nonchalante.  Au rythme où ça va, elle va nous en pondre un avant Noël!

- C’est tout l’effet que ça te fais? Demanda le plus âgé , visiblement choqué.

- Quoi doc? Vous me trouvez horrible, sans cœur, sans sentiments? Bah ouais, je suis sans doute tout ça à la fois, mais vous savez quoi, je m’en branle! Je peux pas me payer le luxe d’avoir de bons sentiments, je préfère laisser ça à des gens comme vous, bien sous tout rapport. Nous les pauvres, on est trop pauvres pour avoir un cœur qui a de la valeur.

 

Pendant toute cette déclaration, le médecin l’avait écouté, impassible et maintenant le jeune homme se sentait trop con. « Nous les pauvres, on est trop pauvres pour avoir un cœur qui a de la valeur… » merde, qu’Est-ce qui lui avait pris de dire un truc pareil?

 

- Bien, puisque tu tiens tellement à ce gosse, je vais te le rendre, déclara l’urgentiste en ne quittant pas son air impassible.

- …

- Cependant je refuse que ce gosse ne meure à cause d’adultes… que dis-je, de gamins irresponsables. Alors soit tu me donnes ton adresse pour que je puisse consulter chez vous puisqu’il est évident que personne ne fera l’effort de revenir jusqu’ici, soit j’appelle l’assistante sociale tout de suite. Et je te préviens tout de suite, « ça risque de ne pas être très beau à voir ».

- … Comme vous voulez, répondit enfin le jeune homme après un bref moment d’hésitation. Après tout c’est vous qui vous faites chiez à vous déplacer! Vous avez un stylo et une feuille?

 

Deux heures plus tard, Roméo sortit enfin des urgences, le bébé soigné pour un temps dans ses bras. Les bonnes gens commençant à sortir pour aller au boulot, il put prendre le premier bus et fut ainsi de retour chez lui en dix minutes chrono. Il eut à peine le temps de mettre un pied dans son appart qu’une furie lui arracha Théo des bras avant qu’une rafale de coups ne s’abatte sur lui. Bien qu’habitué à prendre des coups, il ne put retenir un gémissement de douleur lorsqu’il sentit une côte craquée sous un coup de pied bien placé. Complètement sonné, il attendit impatiemment le moment où son corps, ne supportant plus l